Les dirigeants des 27 activent l’article 122 du traité de l’UE pour geler 210 milliards d’euros d’actifs russes pour une durée indéterminée !
Article rédigé le 12 décembre 2025 par Franck Pengam sur la revue GPTV
Hier, l’Union européenne a franchi un point de non-retour dans son combat économique avec la Russie.
Sans tambour ni trompette, les ambassadeurs des 27 ont activé l’article 122 du traité de l’UE (une clause d’urgence prévue pour faire face à des circonstances économiques exceptionnelles) pour geler 210 milliards d’euros d’actifs russes de manière indéterminée.
Concrètement, cela signifie une chose :
Bruxelles vient de verrouiller l’immobilisation de réserves d’une puissance nucléaire... Pour une durée indéterminée.
L’état d’urgence à Bruxelles...
Jusqu’à présent, ces actifs russes (dont 185–193 Md€ à Euroclear à Bruxelles) étaient gelés jusqu’ici, ce verrouillage dépendait d’un renouvellement à l’unanimité, donc exposé à un veto.
Mais la Hongrie et la Slovaquie menaçaient d’opposer leur veto.
Solution de l’UE ? Contourner l’unanimité en invoquant un “état d’urgence économique” et voter à la majorité qualifiée.
Le problème ?
L’« urgence » invoquée ici est avant tout politique, pas économique.
Même Bart De Wever, Premier ministre belge, l’a relevé publiquement : “Il s’agit d’argent provenant d’un pays avec lequel nous ne sommes pas en guerre”.
Mais l’UE s’en moque.
Elle justifie cette décision en affirmant que “le transfert d’actifs à la Russie porterait un coup dévastateur à l’économie de l’UE”.
Si cette exception devient la norme, pensez-vous qu’ils seraient capables d’aller plus loin ?
Comment sera vue cette décision ?
Cette décision n’est pas une mesure de pression contre Moscou.
C’est, dans les faits, une mesure que de nombreux juristes assimilent à une spoliation financière, et qui fragilise les derniers garde-fous du droit international.
Et cela est inquiétant pour trois raisons :
C’est un précédent juridique terrifiant : Si l’UE peut geler des réserves souveraines d’un État sous prétexte d’”urgence”, elle peut le faire avec n’importe quel actif étranger… ou national.
Un risque systémique majeur : La Belgique héberge Euroclear, qui concentre ces 185-193 milliards. Moscou a déjà annoncé des poursuites judiciaires. Bruxelles s’expose désormais à un risque juridique et financier majeur.
La fuite des capitaux : Quel investisseur étranger va encore faire confiance aux institutions européennes après ça ?
Pendant ce temps, à Washington et Moscou
Selon des informations de presse sur des discussions de paix entre Trump et Poutine, la question des actifs pourrait entrer dans la négociation.
Avec cet acte, l’UE vient, d’une certaine manière, de leur fermer la porte au nez.
Résultat ?
L’Europe se dresse dans une posture guerrière que plus personne ne veut.
Zelensky est marginalisé. Trump négocie. Poutine attend.
Et l’UE ? Elle verrouille, elle bloque, elle retient.
La vraie raison derrière cette manœuvre ?
Officiellement, ces fonds doivent financer l’Ukraine à hauteur de 90 milliards d’euros pour 2026-2027 via un “prêt de réparations”.
Mais la réalité est plus cynique :
Bruxelles veut rendre ce gel ‘irréversible’ politiquement pour sécuriser un montage de financement de l’Ukraine adossé à ces actifs.
Mais Bruxelles ne protège pas seulement l’Ukraine...
Si le gel redevenait réversible, cela fragiliserait le montage de financement et exposerait l’UE/Euroclear à un risque politique et juridique.
Quelque part, elle protège plutôt son propre système de dette.
Qu’est-ce que cela change pour nous aujourd’hui ?
Cette décision marque un tournant dans la guerre économique mondiale.
Elle démontre que l’Europe est prête à s’éloigner de ses propres principes pour maintenir son narratif.
